Chefs de Projet, bienvenue en terre digitale !

Tandis que l’ancien paradigme dans l’entreprise était que les êtres humains puissent travailler comme des machines, aujourd’hui les dynamiques se recentrent sur l’humain au milieu de toutes ces machines !

Le Manager Augmenté, mythe ou réalité ?

Si certaines fonctions dans l’entreprise sont d’excellentes candidates à la transformation digitale et à l’IA en particulier (lire l’article sur la place du digital dans l’entreprise), d’autres semblent à première vue plus hermétiques à cette révolution, en particulier toutes celles requérant un nombre important d’interactions humaines. 

Et parmi celles-ci, la fonction PM/PMO occupe une place toute particulière. 

Suivi, analyse, prise de décision, encadrement et motivation des équipes, à priori il semble difficile de déléguer de telles compétences à une machine ! Et pourtant, le manager n’échappe pas à ce bouleversement technologique.

Que nous dit l’étude du PMI® parue en 2019 dans le “Pulse of the Profession® report” à ce propos ? Elle confirme que 81% des managers sondés évoluent dans des organisations impactées par le numérique – jusque-là rien de nouveau à l’Ouest – mais plus particulièrement par l’Intelligence Artificielle

D’après le PMI®, 8% des chefs de projet s’inquiètent quant au risque de disparition de leur métier actuel tandis que 20% d’entre eux imaginent plutôt une évolution de ce dernier. 

En effet, l’IA ne pourra pas remplacer intégralement le manager de projet. Elle ne prend pas en compte les interactions humaines, les non-dits, qui ne sont pas modélisables, et par définition, le machine learning ne saura pas non plus gérer certains imprévus de nature humaine (tels que les conflits au sein des équipes, …). On est rassuré ! La disparition du chef de projet n’est pas pour demain donc.

Le Chef de Projet Augmenté, une idée pas si saugrenue que cela…

Selon Gartner, d’ici 2030, il s’agirait toutefois de près de 80 % des tâches liées à la gestion de projet qui seraient éliminées. Des éléments tels que la collecte de données, le suivi et la production de rapports seront pris en charge par l’IA.

Les apports opérationnels du Machine Learning et du Deep Learning (branche de l’IA capable d’analyser et d’interpréter le langage naturel humain par exemple), notamment grâce aux réseaux de neurones artificiels, s’avèrent très prometteurs.

Ne serait-ce que pour  décharger les chefs de projet de bon nombre de tâches chronophages, répétitives et avec une certaine forme de lourdeur administrative (collecte des datas, mises à jour des plans de charge/planning/budget/risques…). 

L’automatisation de ces activités par des agents conversationnels (chatbot) ou le RPA (Robotic Process Automation) apporte des pistes sérieuses et ouvre des perspectives de positionnement beaucoup plus stratégique du manager de projet. 

Différents développements sont en cours autour des fonctions d’assistance à la gestion de projet, une sorte de PMbot (interagir avec les équipes projet : relance des échéances, réponses aux questions, alertes etc.) et d’outils d’aide à la décision avec notamment la production de scénarios anticipés en termes de planification (projets complexes).

Imaginez un consultant qui s’appuierait sur une couche de natural language processing (NLP) pour analyser les entretiens qu’il a réalisés chez son client au moment du cadrage du projet, ainsi que l’ensemble des informations, des fichiers stockés dans des bases de données.
Analyser les performances clés du projet, générer des recommandations & scénarios, disposer d’un  outil d’aide à la synthèse dans l’élaboration du dossier de cadrage peut se révéler créateur de valeur pour le Project manager. Utiliser l’IA comme un assistant du Chef de Projet, voilà des perspectives technologiques qui peuvent réjouir la majorité d’entre eux !

Et les opportunités ne s’arrêtent pas là, l’IA est également un moyen de gérer les risques d’imprévus et estimera l’impact d’un impondérable sur le chemin critique et le planning du projet, alertera sur les risques de dérive du projet. 

Et si l’IA réattribuait automatiquement les tâches dans les prochains sprints afin que votre équipe puisse y arriver plus rapidement en fonction de sa connaissance de la qualité des personnes avec différentes technologies et différents domaines du système. C’est significatif, puissant et utile.

Dans le cas des interdépendances au sein d’un projet et des changements externes qui rendent les résultats imprévisibles, les estimations et nombreuses prévisions sont au mieux de l’intuition ; au pire des devinettes. Les techniques de management telles que la livraison agile et continue, réduisent l’incertitude sans garantir la livraison finale. L’IA sera très certainement un moyen d’optimisation de cette partie de la gestion des projets.

Le pilotage du portefeuille des projets sélectionne une combinaison de projets qui équilibrent le risque et la récompense (parce qu’il est difficile de rester compétitif si vous ne faites que le jouer en toute sécurité), mais cela signifie évaluer le risque avec précision, ce qui est difficile. Les outils à venir basés sur de l’IA apporteront aux Directions des éclairages précieux pour scorer efficacement, arbitrer et décider du meilleur portefeuille de projets pour leur plan stratégique.

Différentes start-up (ListenValue, Maistering, Stratejos, Aurora, Memo…) et agences investissent sur ces sujets. Stratejos par exemple, travaille sur l’assistance en matière de devis, de budget et de gestion de sprint quand Memo se concentre sur l’aide à la gestion des connaissances de l’équipe. Aurora se positionne de son côté comme « la première solution logicielle intelligente de planification et d’ordonnancement qui utilise une intelligence artificielle avancée », un outil pour aider le project manager à s’attaquer à des problèmes de planification difficiles et critiques avec des contraintes complexes en intégrant le jugement et l’expérience des planificateurs humains experts.

L’intelligence émotionnelle, situationnelle en complément de l’artificielle

‘C’est pas moi c’est l’algo qui le dit’ ! Et pour vous, comment sera votre prochain COPIL au moment de prendre des décisions et d’évaluer les solutions ? 

Le biologiste, généticien et essayiste français, Albert Jacquard disait :« On peut apprendre à un ordinateur à dire « Je t’aime », mais on ne peut pas lui apprendre à aimer ». Une approche qui confirme plus que jamais la place, rôle et valeur de l’Humain dans la transformation digitale de ses métiers et son organisation. Une tête bien pleine versus tête bien faite, le choix n’est donc plus à faire à l’heure de l’IA. 

Savoir adopter des postures plus fédératives pour faciliter les relations et l’apprentissage entre les hommes, plus pédagogiques pour potentialiser la rencontre des hommes et des machines, ouvre des perspectives ‘augmentées’ pour la fonction de project manager. Moins des « chefs » mais plus des accompagnateurs du changement, les PMO pourront dès lors se concentrer sur des tâches à plus haute valeur ajoutée, plus complexes, d’intelligence relationnelle ou situationnelle.

A l’aune de la transition intelligente, les entreprises vont vivre une grande transformation. Le mouvement nécessaire vers la transition intelligente impose de prioriser l’allocation de moyens de l’entreprise pour innover et investir dans l’intelligence artificielle, maximiser la création de valeur et optimiser la gestion de ses talents. Le Chef de Projet 4.0 sera très certainement l’ambassadeur de choix pour orchestrer les bonnes pratiques de la transition digitale de l’Entreprise.

Vous êtes manager de projets ? Décideur ou dirigeant ? Alors partagez vos réflexions et interrogations avec nos consultants augmentés de chez upstep.

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